Le fabricant du Flash-Ball s’agace du mauvais procès des médias

Publié le 30 janvier 2019 à 08:39 par Mathieu Ozanam

Le LBD 40 (à droite) est le successeur du Flash-Ball au sein des forces de l’ordre.

L’armurier stéphanois Verney-Carron, fabricant du Flash-Ball, déplore le préjudice causé par l’amalgame fait avec les lanceurs de balles de la police dans les médias. [Archive Mathieu Ozanam]

Depuis le début du mouvement des « gilets jaunes », de nombreuses photos de personnes blessées circulent sur les réseaux sociaux. Les médias, comme les hommes politiques, citent à cette occasion le Flash-Ball. Or cette arme de défense n’est pas celle qui est utilisée dans le cadre du maintien de l’ordre : le lanceur d’un fabricant suisse, le LBD 40. 

« Le calibre du Flash-Ball est de 44 mm et fait 7 cm de diamètre lorsqu’il s’écrase, tandis que le calibre de 40 mm est bien plus dangereux : il correspond exactement au calibre du globe oculaire », explique Guillaume Verney-Carron, le directeur général de l’entreprise familiale.

Préjudice d’image

Mais comme Sopalin, Velux ou Sparadrap, le Flash-Ball est devenu une antonomase. Autrement dit, un nom propre utilisé comme un nom commun. Conséquence : « l’ampleur prise par cette confusion entraîne un préjudice pour notre entreprise », dénonce Guillaume Verney-Carron. Le directeur général parle d’emails et d’appels téléphoniques agressifs.

Plus largement, il craint que l’image de l’entreprise en pâtisse. Car France TV, MediaPart, BFM, Libération, etc. utilisent couramment la marque Flash-Ball pour parler de LBD (lanceur de balles de défense, Ndlr).

« Nous avons adressé des mails à ces médias pour leur expliquer leur confusion, mais certains nous ont ri au nez en nous disant que nous n’avions pas respecté les formes dans notre demande. »

Guillaume Verney-Carron aurait pu faire appel à une agence de RP ou de communication de crise. Il a préféré mandater un avocat pour obtenir des droits de réponse dans les médias incriminés. En revanche, la PME est démunie face aux politiques qui font également l’erreur. « Même le ministre de l’Intérieur fait l’amalgame », soupire Guillaume Verney-Carron.