Médias

Le Progrès se réinvente à l’ère du coronavirus

Publié le 20 mars 2020 à 15:55 | Modifié le 23 mars 2020 à 12:40

La presse quotidienne régionale est en première ligne pour apporter une information de proximité à ses lecteurs. La chose se complique quand la vie locale est mise entre parenthèse. Le rédacteur en chef du Progrès explique comment le quotidien s’est adapté.

Xavier Antoyé (Photo : Le Progrès)

Les élections municipales sont un moment important dans la vie d’un quotidien régional. Cette année le 1er tour s’est déroulé dans les conditions particulières que nous connaissons. Mais un grand nombre de maires ont déjà été élus : 84 % dans le Rhône, 90 % dans l’Ain et 92 % dans la Loire. « Au début de la semaine, nous étions encore dans l’après municipales », indique Xavier Antoyé, le rédacteur en chef du Progrès. Les pages du quotidien étaient donc consacrées à ce moment clé de la vie locale, outre les articles portant sur la crise du coronavirus. L

Avec les interdictions de rassemblement, puis le confinement décrété par le gouvernement la vie publique associative et sportive s’est rapidement tarie. Et avec elle son lot d’informations. La partie bloc-notes qui relate l’actualité des communes et la vie des associations se réduisent à trois pages au lieu de huit.

« Nous maintenons cependant une séquence sport. Nous allons parler des sportifs qui continuent leur entraînement et pour certains leur préparation pour les Jeux olympiques. » Une pagination qui se réduit à deux ou trois pages.

Pour les loisirs, il n’est plus possible de chroniquer les spectacles, films à voir et bonnes adresses de restaurant. Le supplément hebdomadaire « Sortir » a donc été rebaptisé « Quand on ne peut pas sortir ». « Nous allons proposer beaucoup de critiques de films, de livres de musiques. »

Les rubriques d’informations internationales et nationales prend à l’inverse du volume en passant de sept à neuf pages. « Nous allons beaucoup être dans la “désinfox“, cela rentre dans notre mission d’intérêt public », estime Xavier Antoyé.

Il n’est pour l’instant pas question d’arrêter la version papier du Progrès. « Les marchands de journaux sont ouverts et nos abonnés peuvent recevoir le journal par l’intermédiaire de nos porteurs qui les distribuent chaque matin. » En revanche chaque département est passé en édition unique. Le Rhône compte par exemple six éditions habituellement.

L’audience du site a logiquement augmenté. « Mardi nous avons enregistré un million de visites, précise Xavier Antoyé. Nous avions déjà augmenté nos capacités en bande passante avec les élections municipales. »