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Yoann Alarçon : « Potager City peut aider Carrefour dans sa volonté de changement »

Par Mathieu Ozanam

Publié le 21 janvier 2020 à 08:17 | Modifié le 21 février 2020 à 00:22

L’enseigne de la grande distribution a fait l’acquisition de cette société lyonnaise de livraison de fruits et légumes locaux et de saison. Son cofondateur Yoann Alarçon explique les raisons de ce rachat.

Vous avez créé votre société en 2007 avec votre frère Damien. Dix ans plus tard vous employez 110 personnes et vous vous appuyez sur un réseau de 750 producteurs locaux, maraîchers et arboriculteurs.

Pourquoi avoir accepté la proposition de rachat du groupe Carrefour ?

Aujourd’hui nous avons 100 000 clients et 20 000 abonnés hebdomadaires à nos services. Avec Carrefour nous allons pouvoir accéder à 1,5 million de clients qui commandent en ligne et viennent chercher leurs courses dans plus de 1 000 drives. Je vois dans ce rachat le moyen de diffuser nos valeurs, nos services et notre organisation à un public plus large. C’est génial de pouvoir leur proposer du potimarron en hiver plutôt que des carottes marocaines par exemple. 

Les cultures d’entreprises de Potager City et Carrefour ne sont-elles pas très différentes ?

C’est mieux d’être du côté de ceux qui font, plutôt que de ceux qui critiquent. Je préfère être du côté de ceux qui aident, modestement, un groupe à évoluer dans la bonne direction. « Soyez le changement que vous voulez voir dans le monde », disait Gandhi.

Comment s’est passée votre rencontre avec Alexandre Bompard, le patron de Carrefour ?

À la seconde où je l’ai rencontré, je me suis immédiatement senti à l’aise. Je lui ai dit que Potager City est un tout petit ruisseau. Il m’a répondu que je devais être fier d’avoir créé ce ruisseau, car ce sont les sources qui sont importantes. Il a écouté ce que j’avais à dire sur ma perception de la grande distribution. Je lui ai dit que je pouvais aider Carrefour à mon échelle dans sa volonté de changement. 

Quelle a été la réaction de vos équipes quand vous leur avez annoncé ?

J’ai informé le comité de direction assez tôt, au début de l’été 2019. Il y a  eu bien sûr des questions sur Carrefour. Mais c’est de ma responsabilité de chef d’entreprise de penser à son développement et à nos collaborateurs. 

Nous avons profité de la venue des équipes de Carrefour qui réalisaient l’audit de Potager City pour organiser des ateliers. Ils venaient nous regarder. L’inverse était vrai aussi. Mais vous savez quand vous êtes un imbécile, vous n’arrivez pas à le cacher très longtemps. Et je peux dire que nous avons rencontré des gens vraiment super.

Comment avez-vous pris votre décision ?

Je suis allé rencontrer les dirigeants de plusieurs sociétés qui ont été acquises par Carrefour ces dernières années : Greenweez, Croquetteland, Dejbox… Ils m’ont tous  dit :  Carrefour n’est pas là pour nous changer, mais pour nous accompagner.

Le poids de l’organisation d’une entreprise c’est très lourd. Ce n’est qu’en octobre dernier qu’un directeur général nous a rejoint [Thierry Abizmul, Ndlr]. En tant que patron j’avais besoin d’être moins omniprésent.

Nous allons pouvoir nous appuyer sur les équipes de Carrefour. Par exemple nous les avons récemment sollicitées sur des questions de ressources humaines. Carrefour n’impose rien, mais nous pouvons aller chercher leurs conseils si vous en avons besoin. C’est une grande chance de pouvoir compter sur des ressources qualifiées et puissantes.