Le bio reçoit aux salons

Publié le 15 octobre 2020 à 09:52 par Emilie Massard

Illustration : Simon Bailly

Les salons bio s’ouvrent désormais au plus grand nombre. Qu’ils soient à l’aube d’un premier événement ou forts d’une solide expérience, les professionnels de l’événementiel ne peuvent désormais plus passer à côté du sujet. [Cet article a été initialement publié dans OUR(S) la revue #2]

Selon l’Agence Bio, 6,1 % des achats alimentaires des ménages français concernaient des produits bio en 2019. Un marché alimentaire en forte progression : entre 2018 et 2019, il a progressé de plus de 13 %. Et en l’espace de cinq ans, il a quasiment doublé.

Voilà qui installe la France sur la première marche du podium européen en termes de dynamique. Sur les 11,9 milliards d’euros dépensés dans le bio par les Français en 2019, la grande distribution capte plus de la moitié de cette véritable manne. Les magasins spécialisés bio représentent, eux, 28 % de ces ventes. Et la crise sanitaire n’a fait que renforcer ces tendances.

Plus de 90 % des magasins bio ont vu leur chiffre d’affaires augmenter pendant le confinement. Le sujet est donc plus prégnant que jamais, et les salons veulent y prendre part. Parmi eux, il y a les historiques, à l’image de Natexpo. Porté par Natexbio, la fédération des transformateurs et distributeurs bio depuis plus de 30 ans, le salon parisien a inauguré une version lyonnaise en 2018. La deuxième édition s’est tenue les 21 et 22 septembre derniers à Eurexpo Lyon.

La crise accentue la tendance

Spas Organisation organise une trentaine d’événements chaque année en France autour du bio, du bien-être et du développement durable. Pour ses organisateurs, les tendances qui ressortent du confinement ne sont donc pas nouvelles.

« La naturalité, le zéro gâchis, le retour aulocal, sont des thèmes prégnants depuis longtemps », souligne Valérie Lemant, responsable de l’organisation de Natexpo pour Spas Organisation. « La crise n’a fait que les accentuer. En cela, l’un des slogans du salon, “Ici naissent les bio-tendances de demain”, se vérifie. Les marques doivent faire preuve de sincérité et de cohérence dans leurs discours, mais surtout dans leurs actes. Le salon Natexpo est là pour leur apporter des clés, des solutions. C’est plus que jamais un outil d’accompagnement de croissance de la filière du bio. »

Selon une étude Spirit Insight pour l’Agence Bio, près de 70 % des Français ont acheté des produits biologiques pendant le confinement, dont 8 % de nouveaux acheteurs.

« Le bio possède un socle solide de consommateurs fidèles, mais peut également compter sur un renouvellement important, grâce notamment aux moins de 35 ans ou aux jeunes parents », confirme Valérie Lemant. « Avec une particularité : la plupart des consommateurs qui passent au bio ne reviennent pas en arrière. La dynamique est aussi portée par le nombre croissant de magasins spécialisés. »

Des solutions bio pour les pros

Pour accompagner les professionnels de la restauration et de l’hôtellerie, c’est un autre grand acteur du « food » qui s’est mis au vert il y a deux ans. La première édition du Sirha Green, petit frère du Sirha, organisé par GL events, a eu lieu en 2018 à Lyon. L’édition 2020, prévue en juin, s’est finalement tenue en septembre, Covid oblige.

Là aussi, l’objectif est d’apporter des solutions concrètes aux professionnels pour avancer dans leur démarche éco-responsable. « Les consommateurs se sont mis à la cuisine, ont démarré un potager pendant le confinement », note Marie-Odile Fondeur, directrice de la division Food Service chez GL events.

« Quand ils vont au restaurant, ils s’attendent donc à trouver des produits au moins aussi frais que chez eux. Et il y a évidemment tout ce qui tourne autour de l’alimentation : le packaging, le traitement des déchets, les économies d’énergie, etc. Sur ces thématiques, les professionnels sont demandeurs de solutions et d’échanges. Les acteurs du secteur ont besoin des salons pour se rencontrer, et en cela l’événementiel est un moteur pour le business. »

Dans la famille des salons bio, un petit nouveau doit faire son entrée sur le marché début 2021. Good est un événement porté par la branche événementielle du groupe Ebra (Le Progrès) et Suez. Il s’adresse cette fois-ci au consommateur final. Ce n’est d’ailleurs pas le seul événement estampillé « développement durable » qu’Ebra Events portait cette année. Deux salons autour des déplacements électriques, à Lyon et dans la Loire, étaient en effet dans les tuyaux. Ils ont été reportés à 2021 du fait de la crise sanitaire.

« Nous souhaitions sortir du BtoB et apporter des solutions, être utiles à nos lecteurs à travers un salon », précise Patrick Maugé, directeur de l’événementiel pour Ebra, à propos de Good. « L’objectif est également que le salon ait une continuité pour les entreprises, en les aidant à se développer à travers nos clubs de partenaires. »

Pour Ebra Events, l’objectif sera de proposer au moins cinq événements autour du développement durable en 2021, pour arriver à une vingtaine en 2023.

« Aujourd’hui, le sujet n’intéresse plus seulement les “bobos”, il suffit de voir les résultats des dernières élections municipales, où la vague verte a été importante », souligne Patrick Maugé. « La portée de nos médias n’est pas neutre, nous pouvons avoir un réel rôle de sensibilisation. Un média comme Le Progrès ne peut pas passer à côté de l’histoire. »