L’enseigne de chaussures André a été placée en redressement judiciaire

Publié le 2 avril 2020 à 12:44 par La rédaction OUR(S)

magasin André à Villefranche-sur-Saône

L’intégration d’un réseau de 120 magasins André et 700 salariés était un défi de taille pour le pure player grenoblois Spartoo. Le site de vente de chaussures en ligne a racheté à Vivarte en 2018 l’enseigne fondé en 1903. Ensemble les deux entités ont réalisé un chiffre d’affaires de 250 millions d’euros en 2019.

Mais cette « icône du commerce français » a été placée en redressement judiciaire mardi. « Le tribunal de commerce de Grenoble avait été saisi lundi 23 mars du dépôt de bilan du chausseur André par Spartoo », indique nos confrères du quotidien économique Les Échos. « Une conciliation avait été engagée il y a plusieurs semaines. Bpifrance a refusé son soutien et un prêt de 12 millions d’euros. »

La crise du coronavirus ne facilite pas la situation puisque les 110 points de vente intégrés (auxquels s’ajoutent environ 40 corners et affiliés) sont fermés. Elle fait suite au mouvement des gilets jaunes qui a pénalisé les commerces de centre-ville, auquel se sont ajoutées les grèves des transports fin 2019 liées à la réforme des retraites. « Nous perdons 250 000 euros par jour de chiffre d’affaires », a expliqué Boris Saragaglia, le PDG. Et le trafic en magasin a baissé de 20 à 25 % pendant les manifestations de gilets jaunes.

La stratégie du pure player Spartoo, créé en 2006, était d’ouvrir une centaine de magasins physiques à l’horizon 2020. Un premier magasin Spartoo avait été ouvert en 2015 à Grenoble, bientôt rejoint par une dizaine de plus. L’intégration d’André avait permis d’accélérer cette stratégie face à ses concurrents de vente en ligne Saranza et Zalando. En 2019 le chiffre d’affaires de Spartoo s’élevait à 100 millions d’euros.